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Fokus Les cerisiers fleurissent aussi la nuit

Fokus Les cerisiers fleurissent aussi la nuit de Garance Solveig

 

La sœur retrouvée

Garance Solveig est juriste et sa passion pour l’écriture l’a conduite d’abord à publier Cheveux au vent, puis ce nouveau roman : Les cerisiers fleurissent aussi la nuit. Le sous-titre ici utilisé est le titre que portait ce livre quand il fut autoédité une année plus tôt. Il a obtenu le Grand Prix du Romanesque 2025, entre autres. Et le nom de ce prix peut faire penser à une romance, un feel-good, comme il en existe tant, mais c’est beaucoup plus riche que cela. Aucune condamnation pour le feel-good qui, lorsque c’est bien écrit, est une bonne lecture de détente.

La romance est là bien sûr, puisque l’amour est présent avec tout ce qu’il peut entrainer. Heureusement d’ailleurs, car il apporte de la lumière dans une histoire très sombre. L’action se passe à 2 époques : en 1944-1945 et en 1993. En 1944 nous sommes en Chine, en Mandchourie où le Japon fait la guerre à la Chine. En 1993, nous sommes au Japon, à Kyoto, où Yuna, comme son père avant elle, est une grande spécialiste en hématologie.

À l’hôpital, un matin, sa première patiente est sa sœur Ama qu’elle n’a pas vue depuis 30 ans. Ama, atteinte de leucémie, a besoin d’une greffe osseuse de toute urgence. S’il y a compatibilité, Yuna se propose comme donneuse. Impossibilité et le père des deux femmes, Hajime, révèle que Ama a été adoptée en Chine en 1945. Yuna se lance donc sur les traces de la famille biologique d’Ama en Chine. C’est alors l’histoire de Hiromi qui fait surface : elle était journaliste en Mandchourie en 1945, et l’épouse d’un officier japonais. Toutes ses certitudes vont tomber quand elle se rend compte des atrocités commises par le Japon (ces crimes de guerre ne seront d’ailleurs reconnus par le Japon qu’en 2002). Nous connaissons les crimes de la Shoa mais ceux-ci sont aussi atroces.  Et quand des membres de la famille y contribuent, tout s’effondre. Tout devient mensonge, trahison, secrets, ici un des secrets les mieux cachés de la Seconde Guerre mondiale.

L’auteure utilise la bi-temporalité pour nous faire voyager entre les 2 époques et les 2 pays. Le « je » est utilisé quand Yuna raconte et le « elle » pour Hiromi. Ajoutons que seul, le père, Hajime, se retrouve dans les 2 époques et c’est très important. Bravo à Garance Solveg pour sa documentation riche et précise qui fait de ce livre un roman en partie historique qui mériterait d’être plus médiatisé. Et ne l’oubliez pas, l’amour est là aussi pour éclairer le tout ! Excellente lecture à tous !